Interview réalisée le 7 juin 2017 pour le journal de Solidarité et progrès.

Daniel, quels sont les points saillants de ta campagne ?

Les Nouvelles Route de la Soie : plusieurs fois le Plan Marshall ce serait dommage de rater le train en marche ! Maintenant que des banques internationales dirigent l’argent directement vers le développement et les infrastructures, c’est fou de laisser encore chez nous les banques privées confisquer l’argent au profit de la spéculation !

Donc il faut faire le ménage en France, séparer les banques de dépôt des banques d’affaire, nettoyer les dettes, et reprendre le contrôle du crédit via une banque nationale pour l’orienter vers de grands projets.

Concrètement ça change quoi quand on habite à Bordeaux ?

Çà crée des emplois productifs ! En 2016, il y a déjà eu près de 1700 convois entre la Chine et l’Europe via les Nouvelles Routes de la Soie, et notamment entre Wuhan et Lyon. Au début, les trains partaient de Chine remplis mais repartaient presque vides. Aujourd’hui, on commence à les remplir de nos produits d’exportation, car grâce à son développement, la Chine s’est créé de nouveaux besoins. Alors ça peut générer des débouchés ici, d’autant que Bordeaux et Wuhan sont deux villes jumelées ! Pour exporter notre vin d’abord, et en développant les secteurs à haute valeur technologique comme l’aéronautique, les drones, etc., ensuite. Pour cela il faut relancer l’investissement public dans nos infrastructures ferroviaires, délaissées dans toute la France, et notamment dans le Médoc. Il le faut d’autant plus que pour l’heure, le port de Bordeaux, qui s’étend sur plusieurs villes le long de la Garonne et jusqu’à son embouchure, n’est pas du tout optimisé car il n’est pas assorti de plateformes multimodales susceptibles d’acheminer les biens dans un sens ou dans l’autre. Alors il ne fonctionne quasiment pas ! Ainsi, au lieu de partir en train vers l’Orient ou par mer depuis notre port, notre vin fuit en camion jusqu’au port d’Anvers ! Ce qui m’amène au second aspect : les Nouvelles routes de la Soie maritimes, qui doivent permettre de faire renaître le port de Bordeaux. C’est tout cela qui va redynamiser notre territoire, l’intégrer au reste du pays, le diversifier, en attirant de nouvelles entreprises.

 

 

Une relance industrielle. Cela devrait séduire l’électorat de Juppé ?

Juppé, comme Macron, prône une vision totalement opposée : celle de la France des métropoles. Bordeaux-Métropole est devenue la ville du tertiaire, du tourisme, du vin, et des cadres supérieurs (qui seront d’autant plus attirés avec la nouvelle LGV Paris-Bordeaux). Il faut savoir que c’est la ville qui compte le plus de restaurants par habitant. Sainte Catherine est la deuxième rue commerçante après les Champs Elysées. Et on peut via la Garonne voir débarquer jusqu’à 2000 touristes en un jour par paquebot ! Mais, pendant ce temps, les habitants doivent fuir à cause de la flambée immobilière (la ville est obligée de les retenir par des aides). Et les alentours sont vidés de toute activité industrielle. Moi je veux une vie locale, que les gens restent, je veux un développement industriel dans tout le bassin bordelais, une ville qui soit une plateforme de décollage pour tout l’ensemble du territoire alentour, pas une métropole vitrine et pompe aspirante !

Les réactions des gens ?

Les gens sont bien plus réceptifs qu’il y a quelques années. Car les Nouvelles Routes de la Soie, on ne connaît pas, ça interpelle, et il y a une grande attente de renouveau (ce dont témoigne le nombre de candidats aux législatives). Et une fois qu’on leur explique, ils ont beaucoup moins de difficulté à en comprendre l’intérêt qu’à en comprendre l’inexistence dans le débat médiatique : « C’est super, mais pourquoi on n’en parle pas ? » Or du fait de sa renommée nationale voire internationale, Bordeaux est le lieu stratégique pour en parler. Même les candidats du POI qui tractaient à côté de nous conseillaient aux passants de venir nous voir : « Allez parler au candidat S&P, il a des choses importantes à vous apprendre, après vous reviendrez nous voir pour parler de la fermeture des hôpitaux ! » Le plus intéressant est quand on en arrive à la question de la culture. Les gens dans le pays sentent que quelque chose cloche, cette violence qui est promue partout, le culte de la femme objet, les enfants de plus en plus accros aux écrans (beaucoup de mères ont manifesté leur inquiétude). Et ça leur fait du bien de voir qu’on peut mettre des mots sur tout ça, que nous l’intégrons dans une réflexion et une politique d’ensemble. Lors de la réunion de Jacques Cheminade, nous étions une trentaine, dont la moitié venaient pour la première fois. Beaucoup de personnes sont sorties très enthousiastes et certaines déterminées à revenir et se mobiliser. Un couple de jeunes curieux a dit : « ça fait du bien de voir enfin un homme politique qui ne s’adresse pas aux intérêts particuliers des gens, mais à l’intérêt général et à long terme. C’est tellement rare ! » Une dizaine de personnes (dont certains d’un autre parti, le RPS Fier, avec qui nous menons des actions communes) s’est mobilisée pour ma campagne. Plusieurs dizaines ont laissé leur contact pour la suite et les gens commencent à nous reconnaître. Je milite depuis plus de 5 ans à Bordeaux. Avec le noyau bordelais de cinq ou six militants S&P actifs, j’ai été voir les élus locaux, maires et députés pour leur parler des Nouvelles Routes de la Soie et de la séparation des banques, pour recueillir des parrainages pour la candidature de Jacques Cheminade, nous animons des stands de rue régulièrement, avons fait des tables militantes pour sortir de l’OTAN avec d’autres formations politiques,etc. Cette campagne législative est donc une étape dans un processus, qui lui-même n’est qu’un début.

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